Théorie et pratiques du suffrage universel du XIXe au XXe siècle
Date de publication :
21/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
3 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'évolution du mode de scrutin entre le XIXe et le XXe : du passage d'un système inégalitaire à un système proclamé universel et démocratique dont la définition a varié avec le temps
- Le suffrage discriminant comme prémisse indispensable à une démocratisation du mode de scrutin
- Mais alors? pourquoi le SU ? Quelle théorie vient appuyer le SU ?
- Une évolution dans les mentalités conduit à une extension du suffrage
- Une modernisation dans les modalités du scrutin
- « Il n'y a pas de suffrage universel sans démocratie et il n'y a pas de démocratie sans suffrage universel » (Alain Lancelot) ou pourquoi le SU n'est pas forcément synonyme de démocratie : focus sur la période 1800-1914
- Des limites à la vocation représentative du SU
- Le SU n'est pas suffisant pour construire un système démocratique
- Les sociétés européennes au XIXe : des démocraties en apparence
Résumé :
Si l'on suit Thiers, il n'y a pas eu de pratiques imparfaites, tendant vers un idéal du suffrage universel. C'est « le plus grand nombre possible » qui peut voter, et non tous. Thiers légitime ainsi le recours au suffrage discriminant. Le suffrage universel est donc une notion qui peut évoluer, avec la société, les mentalités, et donc avec le temps. Ce qui est universel aujourd'hui ne l'était peut être pas avant. Il n'y a donc pas forcément incompatibilité entre théorie et pratiques.
On prendra la définition la plus élargie du suffrage universel, c'est-à-dire la notion contemporaine. Mais, dans le sujet, la théorie est posée au singulier et la pratique au pluriel.
Avant de pouvoir voter, il faut pouvoir manger. La revendication du droit de vote ne vient donc que lorsque les habitants n'ont plus d'inquiétude vis-à-vis de leurs besoins primaires, comme se nourrir. Parallèlement, le manque d'éducation n'incitait pas les habitants à demander plus de droits. Ainsi, la RF n'a été menée que par une bourgeoisie cultivée désirant acquérir des droits politiques. D'où le principe du suffrage censitaire ou capacitaire. Sieyès considéraient ainsi en 1791 que seuls les citoyens possédant une « indépendance de fortune », un « intérêt particulier à défendre » et « une éducation plus soignée et lumières plus étendues » étaient capables de voter. En effet, un citoyen dépendant, ou encore « sous tutelle » pour reprendre l'expression Kantienne n'a pas les moyens de choisir à qui il délègue son pouvoir.
Le suffrage discriminant, c'était donc l'assurance que les citoyens qui votaient étaient responsables, tout en prenant le risque que tous les citoyens responsables ne pouvaient pas voter.
Ainsi, à l'aube du xixe, on retrouve ce type de suffrage dans tous les pays Européens. A la Restauration, en France, on ne comptait que 110 000 électeurs, avant 1832 en Grande Bretagne, seuls 3% des Anglais puissent voter. En Italie, avant 1861, seuls les citoyens de plus de 15 ans, sachant lire et écrire et payant au moins 40 lires d'impôts directs pouvaient voter.
On prendra la définition la plus élargie du suffrage universel, c'est-à-dire la notion contemporaine. Mais, dans le sujet, la théorie est posée au singulier et la pratique au pluriel.
Avant de pouvoir voter, il faut pouvoir manger. La revendication du droit de vote ne vient donc que lorsque les habitants n'ont plus d'inquiétude vis-à-vis de leurs besoins primaires, comme se nourrir. Parallèlement, le manque d'éducation n'incitait pas les habitants à demander plus de droits. Ainsi, la RF n'a été menée que par une bourgeoisie cultivée désirant acquérir des droits politiques. D'où le principe du suffrage censitaire ou capacitaire. Sieyès considéraient ainsi en 1791 que seuls les citoyens possédant une « indépendance de fortune », un « intérêt particulier à défendre » et « une éducation plus soignée et lumières plus étendues » étaient capables de voter. En effet, un citoyen dépendant, ou encore « sous tutelle » pour reprendre l'expression Kantienne n'a pas les moyens de choisir à qui il délègue son pouvoir.
Le suffrage discriminant, c'était donc l'assurance que les citoyens qui votaient étaient responsables, tout en prenant le risque que tous les citoyens responsables ne pouvaient pas voter.
Ainsi, à l'aube du xixe, on retrouve ce type de suffrage dans tous les pays Européens. A la Restauration, en France, on ne comptait que 110 000 électeurs, avant 1832 en Grande Bretagne, seuls 3% des Anglais puissent voter. En Italie, avant 1861, seuls les citoyens de plus de 15 ans, sachant lire et écrire et payant au moins 40 lires d'impôts directs pouvaient voter.
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