Théorie romanesque : définition et nature d'après Pascal Quignard
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exposé
publié le 07/10/2008
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niveau : avancé
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Résumé
« Les romans sont aux jours ce que les rêves sont à la nuit » nous dit pascal quignard, cet écrivain, théoricien du roman, et partisan dune rhétorique de la fascination. Selon lui, le roman est objet dévasion grâce aux images quil propose, « images [qui] tendent des filets » et captent lémotion du lecteur. Il se peint, dans sa Rhétorique spéculative comme un producteur dimages mais aussi, et ce à linstar de son futur lecteur, comme prédisposé à lhallucination fictionnelle. Le roman met alors en jeu, grâce à ses images, un rapport particulier entre lauteur et son lecteur. Cette théorie, pascal quignard lexpose plus en détail, dans un entretien accordé à la revue Le Débat, en 1989, durant lequel il affirme « quil y a roman là où il y a fonction de fides : on croit à ce qui se passe. [
] A mon sens, les plus beaux romans installent les êtres qui les entrouvrent dans une espèce de zone de transition à mi-chemin entre le fantasme et lhallucination. Cest une foi qui ne méconnaît pas sa fiction mais qui joue avec, et qui laisse dans une sorte de halètement devant le désirable. Dans toute lecture il faut que le désir de croire (et celui dêtre cru pour qui écrit) soit assouvi. » pascal quignard propose ici une définition du roman qui fait apparaître, sans pour autant les nommer, les notions de romanesque et dillusion romanesque. Le centre dintérêt cest lémotion propre au roman, la confiance absolue que le lecteur, ainsi que lauteur, placent au centre du roman. La propriété première de ce genre est de « faire fonction de fides », de faire croire à ce qui se passe. Le lecteur doit faire preuve de bonne foi (sens du mot fides) afin de se laisser entraîner par le roman ; il se retrouve alors dans un entre- deux, dans un espace entre le « fantasme et lhallucination ». Le roman est un objet de désir et une source de plaisir. Mais ce désir et cette foi, en ce qui est lu, ne sont pas aveugles pour autant, puisque le lecteur a tout de même conscience quil est face à une fiction. Cela implique donc une certaine distance de la part de ce dernier. Tout en feignant de croire à ce quil lit, il développe son imaginaire ce qui est le propre de la fiction. De ce fait, le roman se fonde sur une dialectique du désir puisque son but est dassouvir le besoin de croire du lecteur, et celui dêtre cru pour lauteur, mais aussi sur une prise de conscience face à ce désir. pascal quignard soulève ici des questions sensibles quant à la fonction du roman. Mais en dehors de cela, ny aurait-il pas une autre définition possible du roman ? Sil est vrai que lillusion romanesque est le pilier central de celui-ci et quil en découle une relation particulière entre le lecteur, lauteur et le texte, il existe néanmoins des limites à ce point de vue. Cest ce que nous allons pouvoir constater.
Sommaire
- ''Les romans sont aux jours ce que les rêves sont à la nuit'' nous dit Pascal Quignard
- Dans son Traité sur l'origine des romans, Huet le définit comme un ensemble de ''aventures amoureuses écrites en prose avec art pour le plaisir et l'instruction des lecteurs''
- La lecture du roman est sous-tendue par un certain pacte
- Pour certains critiques, ''la vérité du roman n'est jamais autre chose qu'un accroissement de son pouvoir d'illusion''
