La tragédie, une des plus grandes machines construites par les dieux infernaux pour lanéantissement mathématique dun mortel. Comment cette définition sapplique t-elle à la pièce Phèdre de Racine ?
Date de publication :
30/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le machiavélisme divin caractéristique de la tragédie mis en 'uvre dans Phèdre
- La part de responsabilité des personnages, particulièrement sur la puissance exercée par le roi Thésée et les limites entre humain et divin
- La confiance malsaine des dieux dans la nature humaine : tout semble concourir à leur volonté même lorsqu'elle ne dépend pas d'eux
Résumé :
racine reprend ici une intrigue d'Euripide et tente de la rendre plus perceptible aux moeurs de son époque. Dans le mythe, Vénus condamne l'héroïne éponyme à une passion déraisonnée pour Hippolyte, son beau-fils, personnage trop chaste, et trop soumis à Artémis à qui il a fait construire un temple. La mort annoncée puis le retour de son mari, le roi Thésée, va déclencher la mise au jour de passions incestueuses, de rivalités de successions, qui fait de la fin de cette journée le théâtre de crimes terribles : ainsi, Jean Cocteau, ayant repris le mythe dans La Machine Infernale, y présente la tragédie comme « une des plus grandes machines construites par les dieux infernaux pour l'anéantissement mathématique d'un mortel. »
cette citation, que résume parfaitement le titre de machine infernale, insiste sur l'origine divine du déroulement de l'action : le ton est affirmatif, emphatique, chaque nom possède un attribut l'inscrivant dans le registre d'une puissance négative et implacable. Il s'agit, par delà l'allusion aux dieux, de glorifier l'aspect méthodique de la tragédie, une logique inexorable qui va nécessairement de pair avec l'exacerbation des passions, de la folie d'un personnage. Les notions de terreur et de pitié, le phoibos et l'eleos propres à la visée cathartique de la tragédie, transparaissent aussi ici, dans l'aspect « formidable » de cette machine, l'inhumanité qui guide les rouages du destin des humains.
Mais les hommes s'imposent aussi leurs propres tabous, leurs propres dieux : le sentiment de culpabilité omniprésent dans phèdre, la trop grande puissance du roi Thésée qui n'est après tout qu'un roi humain et faillible, et l'idée lointaine qu'avant tout, c'est un homme, le tragédien, qui est à l'origine de l'oeuvre, nécessitent d'observer de plus près celle de racine : il s'agit d'éprouver ce modèle de tragédie classique en se demandant s'il s'agit aussi d'un modèle de machine infernale totalement inhumaine, ou si les rouages qui torturent les personnages ne sont pas un peu, eux aussi, humains.
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