La tragédie, une des plus grandes machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel. Comment cette définition s’applique t-elle à la pièce Phèdre de Racine ?

Date de publication :

30/05/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire La tragédie, une des plus grandes machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel. Comment cette définition s’applique t-elle à la pièce Phèdre de Racine ? Sommaire

 
  1. Le machiavélisme divin caractéristique de la tragédie mis en 'uvre dans Phèdre
  2. La part de responsabilité des personnages, particulièrement sur la puissance exercée par le roi Thésée et les limites entre humain et divin
  3. La confiance malsaine des dieux dans la nature humaine : tout semble concourir à leur volonté même lorsqu'elle ne dépend pas d'eux

Résumé :

La pièce phèdre de racine est vue comme un chef d'oeuvre de l'auteur, et un modèle de tragédie classique. Les pièces de ce genre extrêmement codé doivent exposer, le temps d'une révolution du soleil, une suite d'actions dramatiques où des personnages mythiques, soumis aux dieux, évoluent inexorablement vers un destin funeste, dans un déferlement de passions.
racine reprend ici une intrigue d'Euripide et tente de la rendre plus perceptible aux moeurs de son époque. Dans le mythe, Vénus condamne l'héroïne éponyme à une passion déraisonnée pour Hippolyte, son beau-fils, personnage trop chaste, et trop soumis à Artémis à qui il a fait construire un temple. La mort annoncée puis le retour de son mari, le roi Thésée, va déclencher la mise au jour de passions incestueuses, de rivalités de successions, qui fait de la fin de cette journée le théâtre de crimes terribles : ainsi, Jean Cocteau, ayant repris le mythe dans La Machine Infernale, y présente la tragédie comme « une des plus grandes machines construites par les dieux infernaux pour l'anéantissement mathématique d'un mortel. »
cette citation, que résume parfaitement le titre de machine infernale, insiste sur l'origine divine du déroulement de l'action : le ton est affirmatif, emphatique, chaque nom possède un attribut l'inscrivant dans le registre d'une puissance négative et implacable. Il s'agit, par delà l'allusion aux dieux, de glorifier l'aspect méthodique de la tragédie, une logique inexorable qui va nécessairement de pair avec l'exacerbation des passions, de la folie d'un personnage. Les notions de terreur et de pitié, le phoibos et l'eleos propres à la visée cathartique de la tragédie, transparaissent aussi ici, dans l'aspect « formidable » de cette machine, l'inhumanité qui guide les rouages du destin des humains.
Mais les hommes s'imposent aussi leurs propres tabous, leurs propres dieux : le sentiment de culpabilité omniprésent dans phèdre, la trop grande puissance du roi Thésée qui n'est après tout qu'un roi humain et faillible, et l'idée lointaine qu'avant tout, c'est un homme, le tragédien, qui est à l'origine de l'oeuvre, nécessitent d'observer de plus près celle de racine : il s'agit d'éprouver ce modèle de tragédie classique en se demandant s'il s'agit aussi d'un modèle de machine infernale totalement inhumaine, ou si les rouages qui torturent les personnages ne sont pas un peu, eux aussi, humains.

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A propos de l'auteur :

pencil image Diane C. étudiante
Niveau :Grand public Etude suivie : Littérature Ecole, université : Paris III Censier

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