La tragédie chez Racine et Corneille
- En quoi les intérêts d'Etat et les grandes passions sont-ils donc prioritaires sur la thématique amoureuse ?
- Par quels moyens et obligations cette dernière est-elle systématiquement rejetée au ''deuxième rang'' ?
- Cependant l'amour reste malgré tout un élément essentiel, pourquoi ?
- Et Racine en créant sa propre poétique n'a-t-il pas trouvé le moyen d'installer l'amour à la place d'honneur ?
- Ce rejet amoureux n'était-il pas influencé en partie par un effet de mode ?
- Au nom de quelle notion capitale le sentiment amoureux était-il problématique aux yeux des grands dramaturges ?
La tragédie pour rester noble doit ainsi obéir à des critères de composition précis. Mais quelle est la pertinence de cette déclaration au vu des pièces de Corneille et de Racine ? Corneille ne rédige ce discours qu'en 1660, c'est à dire après avoir réalisé ses plus grandes oeuvres et donc comme une sorte de bilan. Quant à Racine, s'il avait naturellement suivi le modèle cornélien au départ, il est évident qu'il s'en sera détaché par la suite. Au vu de cette analyse cornélienne, en quoi les intérêts d'Etat et les grandes passions sont-ils donc prioritaires sur la thématique amoureuse ? Par quels moyens et obligations cette dernière est-elle systématiquement rejetée au « deuxième rang » ? Cependant l'amour reste malgré tout un élément essentiel, pourquoi ? Et Racine en créant sa propre poétique n'a-t-il pas trouvé le moyen d'installer l'amour à la place d'honneur ? Enfin, ce rejet amoureux n'était-il pas influencé en partie par un effet de mode ? Et au nom de quelle notion capitale le sentiment amoureux était-il problématique aux yeux des grands dramaturges ? Car il est des règles auxquelles on ne peut déroger pour suivre la directive élémentaire à laquelle obéissent tous les auteurs
[...] Il y va de ma gloire, il faut que je me venge, S'écrie Chimène dans Le Cid. Les héros cornéliens doivent fonctionner sur le principe de l'orgueil, c'est ce qui leur élève l'âme. En fait, l'orgueil est cette mécanique infaillible qui forcera les héros à réagir toujours selon de grandes et nobles passions ou selon l'intérêt de l'Etat, dont est justement exclu l'amour : c'est ce qui fait tout l'intérêt et les rebondissements de l'intrigue. Racine empruntera beaucoup lui aussi à la structure du héros cornélien, surtout dans les premières pièces. [...]
[...] Cruel, tu m'as trop entendue. Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur. Hé bien! Connais donc Phèdre et toute sa fureur. J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même, Ni que le fol amour qui trouble ma raison Ma lâche complaisance ait nourri le poison. Objet infortuné des vengeances célestes, Je m'abhorre encore plus que tu ne me détestes. Finalement, elle est totalement esclave de ses passions qui se réunissent en une définition racinienne de l'amour. [...]
[...] L'amour tel que pensé par Corneille ne doit pas être le fondement de la pièce. Pour obéir à la règle du plaire, il est nécessaire d'y apporter intérêt d'Etat et grandes passions. La conception du héros cornélien est une façon de se détourner de l'amour comme objet principal de la pièce. Mais il n'en reste pas moins que l'amour demeure indispensable pour ce qu'il a toujours beaucoup d'agrément et peut servir de fondement à ces intérêts Par ailleurs, ce sentiment défini par Corneille est loin de ressembler à celui pensé par Racine. [...]
[...] Je m'accuse déjà de trop de négligence : Courrons à la vengeance ; Et tout honteux d'avoir tant balancé, Ne soyons plus en peine, Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé, Si l'offenseur est père de Chimène. Puis il doit renoncer à mourir d'amour pour sauver l'Etat. Une intrigue assez semblable est développée dans Suréna. L'amour est sans cesse rejeté au second plan, ce qui ne le rend pas moins indispensable. En effet, la pureté du sentiment tel qu'il est exposé par Corneille souligne la grandeur des actions. [...]
[...] Les grandes passions, comme le prétend Corneille, sont ce qui forme la base de l'intrigue. Or, selon la définition d'Aristote, l'amour n'en fait même pas partie à l'inverse de l'amitié, de la crainte ou de la pitié . Rodogune est ainsi construite autour du plaisir de vengeance de Rodogune et de Cléopâtre (dérivé de la colère) et de l'ambition démesurée de Cléopâtre (dérivée de l'émulation). De même chez Racine dans Britannicus, tout se bâtit autour de l'hostilité que Néron (monstre n'étant pas sans rappeler la Cléopâtre de Corneille) éprouve pour sa mère Agrippine et pour le prince Britannicus. [...]
Britannicus, de Jean Racine
«La vie de Jean Racine (1639-1699). L''uvre dans son contexte historique. Présentation de l''uvre. Présentation des personnages dans l''uvre.»
«Né à la Ferté-Mirton, le jeune Racine n'a que trois ans lorsqu'il devient orphelin. C'est sa grand-mère paternelle qui prend en main son éducation. En 1655, elle le confie aux Petites-Ecoles de l'abbaye de Port-Royal, près de Paris, où elle s'était retirée. Jusqu'en 1658, il y reçoit...»
"Bérénice", Jean Racine (1670) - acte I, scène 5, vers 297 à 322 "Le temps n'est plus (...)...
«Un poème d’amour visuel et musical. Un tableau visuel. Une page musicale. L'illusion lyrique de Bérénice. Une rupture dans le temps porteuse d’espoirs. La confusion des genres, signe annonciateur de la tragédie qui est en train de se jouer.»
«Jean Racine fut un dramaturge français du XVIIe siècle et historiographe de Louis XIV. Ses pièces telles que Andromaque, Britannicus ou encore Phèdre ont fait de Racine un grand nom du théâtre tragique classique, tout comme l'oeuvre Bérénice, publiée l'année 1670. Dans cette pièce, qui est composée...»
L'évolution du théâtre en France à travers les siècles
«Le théâtre au Moyen Age. Le théâtre à la Renaissance. Le théâtre au 18ème siècle. Le théâtre au 19ème siècle. Le théâtre au 20ème siècle.»
«Le théâtre, genre littéraire et mode d'expression artistique naît en France au Moyen Age. Le mot théâtre est un mot du 12ème siècle, emprunté au latin « theatrum » et dérivé du grec, theatron « lieu de représentation, public, scène ». Le théâtre désigne quatre éléments différents : il est le...»
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