Le travelling dans Stranger than paradise, Dead Man et Ghost Dog de Jarmusch
7.95€
exposé
publié le 21/05/2007
avis client : non évalué
niveau : avancé
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Résumé
Nombre de films de jarmusch commencent par un travelling latéral sur le personnage principal, comme stranger than paradise, Down by law, ou encore dead man, à tel point que ce mouvement dappareil intègre la grammaire du réalisateur, et devient un élément de sa signature. En accordant le rythme de son déplacement à celui de la scène, le travelling semble le mouvement par essence le plus apte à produire un effet de transport sur le spectateur, et les travellings chez jarmusch restent en mémoire car ce sont des plans longs, lents et contemplatifs, souvent en interaction avec la musique, chargés dun fort quotient dramatique, même sils ne sont numériquement pas si fréquents dans son uvre. Par travelling, on entend communément une prise de vue où lappareil, caméra ou camescope, posé sur son pied et fixé sur un chariot professionnel à roulettes ou à pneus, se déplace sur des rails placés selon les besoins de la scène tournée. Les déplacements se font vers lavant ou larrière de la scène, ou dans un mouvement circulaire. Leffet de vitesse dun travelling dépend de la longueur focale de lobjectif, de la distance entre la scène et lappareil et de langle des personnages ou objets au moment où ils passent devant celui-ci. Chez jarmusch, cest le travelling latéral qui domine, et nous nous demanderons en quoi le travelling contribue à définir sa poétique. Ce mouvement dappareil permet en effet daccorder les rythmes de la caméra, du personnage et de la musique, dans une définition de lunivers mental du personnage, et de son rapport existentiel au monde. Pour étudier cette figure en détails, nous retiendrons trois films : stranger than paradise, dead man, et ghost dog. Le premier, qui valut une reconnaissance internationale au réalisateur, est stylistiquement marqué par des plans séquences fixes, et ne présente quun travelling latéral, mais la poétique future est déjà en germe dans ce plan. Il semble donc intéressant de létudier pour son aspect programmatique. Dans dead man, réalisé douze ans plus tard, jarmusch, alors au faîte de son art, approfondit et revisite le genre du western ainsi que sa propre grammaire. Le travelling est étroitement associé au héros William Blake, dans une monstration de sa souffrance, et de la mort au travail. ghost dog fonctionne comme la suite de dead man, et ce film postmoderne poursuit la relecture des genres, mais la replace dans une réflexion plus largement existentialiste. Cest dans ce film que ce mouvement est le plus employé. La figure du travelling subit des variations, et une symbiose totale sopère entre le personnage, la musique et le mouvement de caméra : le plan devient alors danse martiale, rituel et respiration. Nous verrons dans un premier temps comment le travelling se fait définition du personnage chez jarmusch, personnage errant ou en quête, seul et étranger, puis nous nous attacherons aux relations entre personnage, caméra et musique, dans une approche rythmique et dramaturgique du travelling. Enfin, nous envisagerons le travelling comme vecteur du tragique.
Sommaire
- Le travelling comme définition du personnage
- Travelling et road-movie
- Solitude et isolement
- Mouvance et fluidité
- Relation entre personnage, caméra et musique :
- Prise de possession, agonie ou ataraxie
- Filmer le présent
- Travelling comme vecteur du tragique
- Intemporalité, litanie
- Chemin de croix
- Aller au bout de la mort
