Le verbe "croire" chez Aristote du point de vue du principe de non contradiction psychologique

Date de publication :

05/02/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

25 pages

Niveau :

avancé

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Sommaire :

 
 

Sommaire Le verbe "croire" chez Aristote du point de vue du principe de non contradiction psychologique Sommaire

 
  1. La croyance comme expérience psychologique
    1. La corrélation jugement/conviction
    2. Remarques sur la contrariété
  2. Le principe de non contradiction psychologique interprété
    1. Le PPNC, une loi empirique ?
  3. Croyance et consistance
    1. L'énoncé de la croyance : un engagement
    2. Croyance et consistance
    3. Le paradoxe de Moore
  4. Interprétation du PPNC
    1. Interprétation du texte d'Aristote de la Métaphysique 3, 1005b22-34
    2. Vérifier la sincérité d'une croyance

Résumé :

Le principe de non contradiction chez aristote est formulé au chapitre 3 du livre Γ de la Métaphysique. Dans ce chapitre, nous distinguons deux formulations distinctes du PNC : la formulation ontologique, et la formulation que l'on appellera, à la suite de Lukasiewicz, formulation psychologique (PNC dit psychologique, ou PPNC) :
Personne ne peut croire qu'une même chose est et n'est pas, comme, selon certains, le dit Héraclite; car celui qui parle ainsi ne doit pas croire ce qu'il dit.
« croire » étant la traduction du verbe υπολαμβανειν. Lukasiewicz, dans Le principe de contradiction chez aristote, tire de ses analyses du texte de La Métaphysique une troisième énonciation du PNC (PNC dit logique), et il propose un travail qui consiste à redéfinir les énoncés, et considérer les relations qui existent entre ces trois formulations du PNC. Ainsi, il établit l'équivalence des principes logiques et ontologiques qui, en tant que principes définitifs, ne peuvent pas être démontrés. Mais, d'après Lukasiewicz, aristote tente de donner une démonstration du PPNC, ce qui en fait une formulation particulièrement intéressante du point de vue de la compréhension globale du PNC. Afin d'éclaircir ces textes du livre Γ, il justifie son interprétation par des analyses précises des textes du De anima, du De l'interprétation et de La métaphysique. Nous nous penchons donc d'abord sur ce passage extrait de la Métaphysique, et sur ces textes, en essayant de dégager les thèses de Lukasiewicz et d'en comprendre l'approche « psychologiste », tout en mettant en avant l'idée selon laquelle le choix de traduction du verbe υπολαμβανειν (croire) détermine l'interprétation des termes d'aristote. Lukasiewicz choisit de déterminer la croyance comme un acte clairement lié à l'activité psychologique de l'individu, caractérisée par le sentiment de celui qui croit. Dès lors, son analyse du PPNC le conduit à en considérer les conséquences cognitives chez l'individu, nous permettant de tirer des conséquences quant au statut du principe psychologique, qui est alors caractérisé comme une loi empirique.
D'autres questions concernant le travail sur la croyance de Lukasiewicz se posent : la question de la possibilité du choix d'une croyance, idée qui semble exclue de l'analyse de Lukasiewicz. Ce que l'individu peut choisir, c'est d'énoncer, ou non, sa conviction. Cependant, la nature de celle-ci implique qu'il n'a pas d'autre possibilité que d'y croire. Dès lors, face au PPNC, la question de la disposition cognitive de l'individu lorsqu'il énonce une croyance, se pose : en effet, doit-il, s'il veut que les énoncés de ses croyances puissent être considérés comme potentiellement justes, ne pas produire un ensemble d'énoncé contradictoire ? Ou peut-il penser que, aux vues du PNC, il est de toute évidence impossible que les énoncés de ses croyances soient contradictoires ? De fait, est-il possible qu'un individu ait l'expérience de croyances contradictoires ? Et, à la suite de cette reprise de l'analyse de Lukasiewicz, un travail sur la croyance nous amène à considérer l'ensemble des interprétations possibles de l'énonciation de la croyance, selon deux critères : l'adhésion et la justification. Il existe donc un panel de possibilités liées à l'énonciation de la croyance d'un individu, de l'adhésion la plus forte au refus de croire, que la décision soit justifiée ou non. Et nous cherchons, dans ce cadre, à déterminer au plus juste la pensée d'aristote. Par ailleurs, si nous retenons l'hypothèse selon laquelle la croyance est un discours motivé, alors il faudra montrer si et de quelle manière la justification est contrainte par des règles.
Nous essaierons de répondre à ces questions en cherchant dans un premier temps à comprendre la pensée de Jan Lukasiewicz. Ensuite, en nous appuyant sur les textes d'aristote, nous essaierons de déterminer les limites de l'interprétation de l'υποληφις comme conviction, et d'en proposer une autre. Selon celle-ci le PPNC se rapprocherait d'un principe logique, en ce sens qu'il serait à la source de règles définissant la recevabilité de la croyance, tout en tenant compte de l'aspect psychologique de celui qui l'énonce. En effet, nous chercherons en quoi nous pensons que ce qu'aristote dit de l'υποληφις constitue un type d'engagement que prend un agent lorsqu'il décide d'énoncer une croyance. Pour arriver, enfin, à caractériser υπολαμβανειν comme un acte de convaincre, qui se rapproche du sens juridique contemporain de « conviction », à savoir le cas d'une procédure conflictuelle et contrôlée.

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A propos de l'auteur :

pencil image Céline D. étudiante
Niveau :Avancé Etude suivie : Autres Ecole, université : université Lille 3

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