Le vignoble Gardois :Crise et inertie territoriale
Date de publication :
02/05/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
25 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les mutations récurrentes d' un vignoble marginal
- Un vignoble hétérogène
- D'une crise fondatrice au vignoble actuel
- Des vins de qualité médiocre issus d'un vignoble de masse
- « Passent les crises, reste le vignoble »
- Une crise à son paroxysme : un cumul de catastrophes naturelles et un contexte économique déprimé
- Les exploitations viticoles dans la tourmente
- La permanence d'un vignoble recomposé
- Quelle perspective de survie du vignoble ?
- Changer les échelles de distribution du vignoble
- Des méthodes d'exploitation différenciées : un vignoble inégalement touché par la crise
- Une situation marginale comme facteur d'inertie, de survie économique et de permanence du paysage via une mutation cyclique des structures
Résumé :
Pour Jean Clavel, « le vin n'est pas seulement une boisson alcoolisée, énergétique, euphorisante, il est un élément culturel important de notre civilisation, il est un moyen de convivialité, un support de conversation, un lien avec un terroir, un paysage, un vigneron, il est le fruit de l'histoire, le complément indispensable de notre gastronomie occidentale , qui, du fait de la mondialisation, s'étend au monde entier, comme s'étendent la découverte de goûts que nous considérons comme exotiques ». Il estime aussi que l'Homme a façonné la vigne depuis près de 5000 ans.
Un vignoble est par définition l'ensemble des vignes d'une région. Celui du Languedoc Roussillon (avec celui de Provence) est le plus ancien de France (malgré de multiples mutations), car il est, à la fois, le successeur du vignoble d'Agde, planté il y a 2.500 ans par les vignerons massaliotes (de Massalia, ancien nom de Marseille), et du vignoble narbonnais planté par les vétérans des légions romaines pendant le Ier siècle avant notre ère. Il est également, et de loin, le plus vaste (plus de 300.000 hectares en 1997) puisqu'il représente, à lui seul, 33% du vignoble français. Son ancienneté lui a permis de connaître successivement plusieurs bouleversements, dont certains qui seront exposés plus loin, qui expliquent aussi bien l'orientation de sa production que ses caractéristiques géographiques.
Notre étude s'attachera plus précisément au vignoble gardois situé sur la rive droite du Rhône (cf.carte1), regroupant les cantons de Lussan, Pont-Saint-Esprit, Bagnols-sur-Cèze, et Barjac.
Ce vignoble attire l'attention par les enjeux géographiques et économiques qu'il connaît, dans la mesure où il est plongé dans une crise qui semble durer depuis plus d'une trentaine d'années. Plus généralement, l'agriculture française est touchée par ce phénomène qui conduit à une forte baisse du secteur primaire dans le pays, et ce, même pour la viticulture, un des symboles forts des terroirs français. On pourrait imaginer alors que seuls les vignobles réputés de haute qualité (les vins de Bourgogne et du Bordelais notamment) auraient pu subsister à une crise aussi longue. Et pourtant, le vignoble du Languedoc reste toujours un grand producteur de vin, bien qu'il prétende privilégier désormais la qualité à la quantité. Il est vrai que durant ces dernières années, plus de 140.000 hectares de vignes de qualité médiocre ont été arrachés.
Mais encore loin de la qualité des grands vignobles français, comment peut-on expliquer que le vignoble languedocien, et en particulier dans ce secteur précis du Gard, se maintient, alors que la filière est en crise ?
En s'appuyant notamment sur des enquêtes réalisées sur le terrain auprès de responsables de coopératives viticoles et auprès de vignerons situés dans les quatre cantons du Gard cités précédemment, nous analyserons dans un premier temps le vignoble gardois dans son ensemble avec les diverses mutations qu'il a connu, avant d'étudier les crises qu'il a rencontré sans toutefois faire disparaître le vignoble. Nous verrons ensuite quelles sont les perspectives de survie du vignoble, les solutions mises en oeuvre pour subsister en dépit de la crise.
Un vignoble est par définition l'ensemble des vignes d'une région. Celui du Languedoc Roussillon (avec celui de Provence) est le plus ancien de France (malgré de multiples mutations), car il est, à la fois, le successeur du vignoble d'Agde, planté il y a 2.500 ans par les vignerons massaliotes (de Massalia, ancien nom de Marseille), et du vignoble narbonnais planté par les vétérans des légions romaines pendant le Ier siècle avant notre ère. Il est également, et de loin, le plus vaste (plus de 300.000 hectares en 1997) puisqu'il représente, à lui seul, 33% du vignoble français. Son ancienneté lui a permis de connaître successivement plusieurs bouleversements, dont certains qui seront exposés plus loin, qui expliquent aussi bien l'orientation de sa production que ses caractéristiques géographiques.
Notre étude s'attachera plus précisément au vignoble gardois situé sur la rive droite du Rhône (cf.carte1), regroupant les cantons de Lussan, Pont-Saint-Esprit, Bagnols-sur-Cèze, et Barjac.
Ce vignoble attire l'attention par les enjeux géographiques et économiques qu'il connaît, dans la mesure où il est plongé dans une crise qui semble durer depuis plus d'une trentaine d'années. Plus généralement, l'agriculture française est touchée par ce phénomène qui conduit à une forte baisse du secteur primaire dans le pays, et ce, même pour la viticulture, un des symboles forts des terroirs français. On pourrait imaginer alors que seuls les vignobles réputés de haute qualité (les vins de Bourgogne et du Bordelais notamment) auraient pu subsister à une crise aussi longue. Et pourtant, le vignoble du Languedoc reste toujours un grand producteur de vin, bien qu'il prétende privilégier désormais la qualité à la quantité. Il est vrai que durant ces dernières années, plus de 140.000 hectares de vignes de qualité médiocre ont été arrachés.
Mais encore loin de la qualité des grands vignobles français, comment peut-on expliquer que le vignoble languedocien, et en particulier dans ce secteur précis du Gard, se maintient, alors que la filière est en crise ?
En s'appuyant notamment sur des enquêtes réalisées sur le terrain auprès de responsables de coopératives viticoles et auprès de vignerons situés dans les quatre cantons du Gard cités précédemment, nous analyserons dans un premier temps le vignoble gardois dans son ensemble avec les diverses mutations qu'il a connu, avant d'étudier les crises qu'il a rencontré sans toutefois faire disparaître le vignoble. Nous verrons ensuite quelles sont les perspectives de survie du vignoble, les solutions mises en oeuvre pour subsister en dépit de la crise.
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