La Volonté de punir, essai sur le populisme pénal par Denis Salas, Hachette Littérature, mars 2005
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fiche de lecture
publié le 15/08/2008
avis client : non évalué
niveau : expert
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Résumé
Magistrat, enseignant et chercheur à l'école nationale de la magistrature, denis salas est secrétaire général de l'Association pour l'histoire de la justice. Il a publié plusieurs essais sur la justice dont Le Tiers Pouvoir (2000) et La République pénalisée (1996). Dans La Volonté de punir, il souhaite analyser la sévérité croissante des peines infligées par la justice française qui a pour origine le défi du terrorisme, la montée de l'insécurité, l'augmentation des condamnations pour crimes sexuels et le durcissement du Code pénal.
Plus que de dénoncer une éventuelle dérive sécuritaire ou d'une réponse inadaptée au crime (dont le principe n'est guère contestable), denis salas souhaite davantage montrer les risques d'excès de cette réponse qui peut en ruiner la légitimité et, souvent, l'efficacité. La société «sur-réagit » en effet aux agressions supposées et se développe un populisme pénal. Il se caractérise par un discours qui appelle à punir « au nom» des victimes bafouées et « contre » des institutions disqualifiées et il n'est pas l'apanage des partis extrêmes. Trois systèmes (médiatique, judiciaire, politique) façonnent un « peuple-émotion » qui envahit l'espace public: à coté de la justice qui lui donne son langage, les médias mettent en récit l'émotion collective et le discours politique y mêle ses propres réponses. L'exacerbation de la réaction sociale lorsque des infractions graves sont commises, invocation à un peuple imaginaire, provoque, selon l'auteur, une paralysie des médiations démocratiques. Longtemps silencieuse, la victime vient au devant de la scène au point d'occulter la situation du coupable. La délinquance est isolée du délinquant lui-même, elle devient le «mal» qui inspire la peur, l'insécurité et fait courir des risques.
Plus que de dénoncer une éventuelle dérive sécuritaire ou d'une réponse inadaptée au crime (dont le principe n'est guère contestable), denis salas souhaite davantage montrer les risques d'excès de cette réponse qui peut en ruiner la légitimité et, souvent, l'efficacité. La société «sur-réagit » en effet aux agressions supposées et se développe un populisme pénal. Il se caractérise par un discours qui appelle à punir « au nom» des victimes bafouées et « contre » des institutions disqualifiées et il n'est pas l'apanage des partis extrêmes. Trois systèmes (médiatique, judiciaire, politique) façonnent un « peuple-émotion » qui envahit l'espace public: à coté de la justice qui lui donne son langage, les médias mettent en récit l'émotion collective et le discours politique y mêle ses propres réponses. L'exacerbation de la réaction sociale lorsque des infractions graves sont commises, invocation à un peuple imaginaire, provoque, selon l'auteur, une paralysie des médiations démocratiques. Longtemps silencieuse, la victime vient au devant de la scène au point d'occulter la situation du coupable. La délinquance est isolée du délinquant lui-même, elle devient le «mal» qui inspire la peur, l'insécurité et fait courir des risques.
Sommaire
- Métamorphose d'une inquiétude démocratique
- Le temps des victimes
- La tentation du populisme pénal en France
- Evaluer des risques ou juger une personne ?
