Le vote des jeunes
Date de publication :
17/07/2007
Langue :
Français
Format :
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- Un vote influencé par les aînés mais motivé par des considérations spécifiques aux jeunes
- Des jeunes qui suivent les considérations de leurs aînés
- Le poids de préoccupations spécifiques aux jeunes
- Des jeunes souvent abstentionnistes mais qui ne négligent pas la participation
- U ne jeunesse qui déserte les urnes ?
- Une participation politique marginale plus attractive
Résumé :
En avril 2002, après l'apparition au deuxième tour d'un candidat d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, les jeunes descendaient dans la rue, dans un élan de manifestations spontanées et ce pendant plusieurs jours. Au printemps 2006, des étudiants s'emparent de
bâtiments publics (universités, administrations...), bloquent des voies de communication (routes, chemins de fers...), manifestent, pour certains de façon violente, dans le but d'attirer l'attention du gouvernement sur leurs conditions. Ces évènements, quelles que soient les revendications, soulèvent certaines critiques à l'égard des jeunes (« ils feraient mieux d'aller voter plutôt que de brûler des poubelles ») et ravivent les clichés (le jeune « rebelle » anarchiste, le jeune casseur de banlieux etc...). Aux yeux des «non-jeunes », c'est-à-dire des
plus de 25 ans selon le classement de l'INSEE, les jeunes seraient apolitiques et ne se sentiraient même pas concernés par les questions de société. Mais ces mouvements démontrent que ces jeunes, souvent critiqués, savent comment manifester leur mécontentement à l'égard des politiques. Il parait alors peu pertinent de parler d'apolitisme de la jeunesse eu égard à ces faits, mais plutôt d'une appropriation de principes démocratiques autres que le vote, car il est tout de même indéniable que bon nombre de jeunes ne se dirigent pas vers les urnes en temps voulu.
« Les 18-24 ans représentent 15% du corps électoral. Ils sont une cible attractive pour les partis comme pour les candidats. S'ils votent, ils peuvent faire basculer une élection dans un sens ou dans un autre. Le problème, c'est qu'ils ne votent pas - en tout cas, beaucoup moins que le reste du corps électoral. S'ils ont une influence potentielle sur la décision
électorale, ils ne l'activent pas, et restent plus en retrait du vote que leurs aînés. Soit parce qu'ils s'abstiennent davantage que les autres tranches d'âge soit parce qu'ils mettent plus de temps à s'inscrire sur les listes électorales, et nourrissent les rangs des non-inscrits. Sur dix jeunes, seuls trois ou quatre iront voter. » Tel est le constat de la sociologue Anne Muxel qui s'est intéressée au comportement politique des jeunes.
Depuis plusieurs années, quelques associations militent farouchement soutenues par des personnalités comme Mathieu Kassovitz ou le rappeur Akhenaton, surtout dans les banlieues, pour encourager les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales et à aller voter lors des prochains scrutins. Les élections présidentielles de 2007 serviront ainsi de témoin : les jeunes sauront-ils tirer des leçons de l'épisode de 2002 ? Ces campagnes « people » dans les
quartiers dits sensibles s'avéreront-elles efficaces ?
Dans Les Héritiers (1964) ou La Reproduction (1970), Pierre Bourdieu remet en question l'existence d'une jeunesse unique : il existerait non pas une seule jeunesse mais plusieurs. En effet, les jeunes ne vivent pas leur enfance, adolescence, leurs relations avec le monde extérieur de la même façon, selon leur origine sociale, l'implication de leur famille etc.... Le fameux concept d'habitus cher au sociologue pourrait expliquer bon nombre de comportements politiques chez les jeunes.
Les études et sondages réalisés par l'INSEE montrent que les jeunes appraissent souvent comme des abstentionnistes : (voir annexe). Tout d'abord, il semble que les jeunes, lorsqu'ils votent, adhèrent aux mêmes considérations que leurs aînés (I- A.). Toutefois, ils s'en distinguent dans la radicalité de leurs voix et de leurs motivations (I- B.).
De plus, si la jeunesse suit également la même tendance à l'égard de sa pratique de vote que le
reste de la population (II- A), elle s'en différencie par une participation alternative à la vie politique (II- B).
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