Le voyou : constitution d'une figure chez Bertolt Brecht et Jean Genet
Date de publication :
02/06/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
101 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le mirage du voyou
- Le voyou : un être d'exception
- Le voyou, être théâtral
- Une fausse carte d'identité
- Voyou et société : récupération, constitution et condamnation
- Anti-monde, sous-monde et société bourgeoise
- Le voyou, incarnation du pouvoir et des fantasmes
- La constitution du voyou : une littérature du condamné
- Ecrire le voyou
- Voyou et littérature
- Sortir du fantasme : un théâtre conscient
- Le sens du voyou
Résumé :
Le voyou n'est pas en dehors de la société, il est constamment en relation avec elle. On tente de lui faire jouer un rôle politique que genet finit par refuser à Saïd et qui prend une forme satirique dans L'Opéra de Quat'Sous, le bourgeois s'apparentant au bandit. La fonction sociale qu'on attribue au voyou n'est par le seul fait du dramaturge. Il est utile à la bonne marche du système capitaliste pour brecht tandis que Saïd est primordial à une communauté fondée sur l'exclusion. La société a besoin du criminel ; elle tente de le récupérer - en vain dans Les Paravents - aussi bien sur scène que dans la salle, si on considère la réception des deux pièces. Cette récupération est rendue possible par une image du bandit rêvée par la communauté et qui se superpose aux personnages des dramaturges. Le voyou reflète notre mentalité, nos désirs inavoués : puissant séducteur chez brecht, il est l'incarnation du mal aux yeux des protagonistes des Paravents. On comprend, dès lors, pourquoi nous nous sommes laissé entraîner par cette image pittoresque lors de notre première lecture. La figure du voyou est avant tout produite par l'imagination collective et par son discours. Le mauvais garçon est constitué par les insultes et les rumeurs colportées par les honnêtes gens. En mettant en scène le voleur et les discours qui le constituent, les deux dramaturges reflètent notre vision du monde ; chez brecht notamment, les paroles qui accusent le criminel nous condamnent.
Ici, la réflexion se heurte à l'équivocité des deux pièces face à la figure du voyou. Elles dénoncent ce qu'elles expriment à savoir une image du criminel, qui s'impose aux dramaturges et qui est le reflet de notre société. Afin de faire entendre leur voix, les auteurs auront à coeur de se démarquer des autres discours concernant le truand. brecht exhibe ses bandits comme des personnages de papier tandis que genet place Saïd et Leïla en dehors de tout héritage littéraire. Il en fait même des personnages en marge de sa propre pièce, voire de l'ensemble de son oeuvre, et tente d'échapper à une image à laquelle il a lui-même payé son tribut. Les deux dramaturges refusent de se laisser aveuglément entraîner par l'image du voyou et réclament un théâtre conscient. brecht veut avant tout transformer la figure pittoresque du voyou en outil de réflexion pour le spectateur. Le bandit est au service du théâtre épique et se voit confier un rôle didactique. Chez genet, au contraire, il n'y a aucune leçon à tirer du voleur. Le dramaturge s'efforce de le rendre constamment fugitif afin qu'il ne se laisse pas emprisonner dans une image convenue. Vagabonds, Saïd et Leïla n'ont pas de signification pleine : ce sont des moins que rien
Ici, la réflexion se heurte à l'équivocité des deux pièces face à la figure du voyou. Elles dénoncent ce qu'elles expriment à savoir une image du criminel, qui s'impose aux dramaturges et qui est le reflet de notre société. Afin de faire entendre leur voix, les auteurs auront à coeur de se démarquer des autres discours concernant le truand. brecht exhibe ses bandits comme des personnages de papier tandis que genet place Saïd et Leïla en dehors de tout héritage littéraire. Il en fait même des personnages en marge de sa propre pièce, voire de l'ensemble de son oeuvre, et tente d'échapper à une image à laquelle il a lui-même payé son tribut. Les deux dramaturges refusent de se laisser aveuglément entraîner par l'image du voyou et réclament un théâtre conscient. brecht veut avant tout transformer la figure pittoresque du voyou en outil de réflexion pour le spectateur. Le bandit est au service du théâtre épique et se voit confier un rôle didactique. Chez genet, au contraire, il n'y a aucune leçon à tirer du voleur. Le dramaturge s'efforce de le rendre constamment fugitif afin qu'il ne se laisse pas emprisonner dans une image convenue. Vagabonds, Saïd et Leïla n'ont pas de signification pleine : ce sont des moins que rien
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