Y a-t-il des frontières en Relation Internationale ?
Date de publication :
31/08/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
16 pages
Sommaire :
Sommaire
- La frontière comme fondation des relations internationales.
- Les relations mondiales et les frontières.
Résumé :
Le monde tel que nous le percevons encore aujourd'hui sur les cartes ressemble à un puzzle. Chaque pièce est un état, voire un état-nation. Du moins nous efforçons-nous de lui donner ce visage. Bien évidemment, un territoire borné de frontières et sur lequel un unique pouvoir politique dispose du monopole de la violence légitime, selon l'expression de Max Weber maintes fois reprise, est le produit d'une lente construction qui n'est pas une spécificité européenne. En revanche, c'est bien en Europe qu'ont été élaborés les principes du puzzle territorial et politique qui a petit à petit recouvert la planète entière. Les traités de Westphalie, signés en 1648, peuvent être considérés comme la première tentative européenne d'établir un ordre juridique dans les relations entre états. La préoccupation principale était la guerre ; Grotius voyant « dans l'univers chrétien une débauche de guerre qui eût fait honte même aux nations barbares » , il entrepris de rénover les doctrines juridiques, « convaincu de l'existence d'un droit commun à tous les peuples » . Il fut ainsi, selon certains historiens, le rédacteur tacite des traités de Westphalie, et, pour les juristes, l'un des théoriciens les plus fondamentaux du droit des gens, « qui a lieu entre les peuples ou entre les conducteurs des Etats » . Le droit des gens est l'origine de notre droit international public contemporain.
Fondé sur le principe de l'égalité des souverainetés, le droit international public ne peut se passer de la notion moderne de frontière. C'est-à-dire d'une frontière envisagée comme véritable ligne de séparation entre deux espaces géographiques chacun possédés et administrés par une puissance politique. Cette approche met en avant la puissance et renvoi à une théorie politique et une philosophie politique moderne qui placent la violence et la guerre au coeur de la nature humaine. Ainsi le désir de paix, également consubstantiel de l'être humain, amène les communautés à équilibrer leurs puissances dans des rapports encadrés par le monde limpide et structuré du droit. Que ce soit dans le monde dit bipolaire de la guerre froide, dans le monde contemporain dont on ne sait s'il est multipolaire ou unipolaire ou bien dans le concert européen arbitré par les six grandes puissances européennes au 19ème siècle, l'expression relation internationale a surtout désigné les relations d'état à état. Compte tenu des prémisses de l'état moderne, la frontière est véritablement le socle des relations internationales.
La question est de savoir si les relations internationales ainsi entendues sont à même de réguler un monde dont les flux et réseaux semblent beaucoup plus riches et diversifiés que simplement des relations interétatiques. Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts voient dans les dynamiques actuelles un puissant paradoxe : « les revendications territoriales n'ont jamais été si nombreuses alors que la capacité régulatrice des territoires n'a jamais été aussi faible. » La régulation étatique des territoires bien entendu, car les régions, les collectivités locales, les populations et les individus s'émancipent de la tutelle des administrations centrales pour réguler eux-mêmes leur environnement. Les nouvelles technologies de communication et d'information sont un facteur très important de perméabilité frontalière, mais certaines données apparaissent plus profondes et plus anciennes. L'exemple des Alpes, frontières naturelle pense-t-on instinctivement, est éloquent car il montre des populations qui au-delà des séparations politiques ont toujours gardé des préoccupations et des intérêts communs, et une culture loin de l'antagonisme belliqueux à l'origine de la constitutions des territoires étatiques nationaux.
Fondé sur le principe de l'égalité des souverainetés, le droit international public ne peut se passer de la notion moderne de frontière. C'est-à-dire d'une frontière envisagée comme véritable ligne de séparation entre deux espaces géographiques chacun possédés et administrés par une puissance politique. Cette approche met en avant la puissance et renvoi à une théorie politique et une philosophie politique moderne qui placent la violence et la guerre au coeur de la nature humaine. Ainsi le désir de paix, également consubstantiel de l'être humain, amène les communautés à équilibrer leurs puissances dans des rapports encadrés par le monde limpide et structuré du droit. Que ce soit dans le monde dit bipolaire de la guerre froide, dans le monde contemporain dont on ne sait s'il est multipolaire ou unipolaire ou bien dans le concert européen arbitré par les six grandes puissances européennes au 19ème siècle, l'expression relation internationale a surtout désigné les relations d'état à état. Compte tenu des prémisses de l'état moderne, la frontière est véritablement le socle des relations internationales.
La question est de savoir si les relations internationales ainsi entendues sont à même de réguler un monde dont les flux et réseaux semblent beaucoup plus riches et diversifiés que simplement des relations interétatiques. Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts voient dans les dynamiques actuelles un puissant paradoxe : « les revendications territoriales n'ont jamais été si nombreuses alors que la capacité régulatrice des territoires n'a jamais été aussi faible. » La régulation étatique des territoires bien entendu, car les régions, les collectivités locales, les populations et les individus s'émancipent de la tutelle des administrations centrales pour réguler eux-mêmes leur environnement. Les nouvelles technologies de communication et d'information sont un facteur très important de perméabilité frontalière, mais certaines données apparaissent plus profondes et plus anciennes. L'exemple des Alpes, frontières naturelle pense-t-on instinctivement, est éloquent car il montre des populations qui au-delà des séparations politiques ont toujours gardé des préoccupations et des intérêts communs, et une culture loin de l'antagonisme belliqueux à l'origine de la constitutions des territoires étatiques nationaux.
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