Y a-t-il trop d’artistes en France ? Quels enseignements tirer de la « crise de l’intermittence » ?

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exposé
publié le 12/01/2008
 
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Résumé Y a-t-il trop d’artistes en France ? Quels enseignements tirer de la « crise de l’intermittence » ? Résumé

 
 
La culture, en france, fait l’objet d’une mission spécifique de l’Etat, puisqu’elle fait constitutionnellement partie des droits des individus (au même titre que le droit à l’éducation), ainsi que d’une certaine obligation. L’artiste y a donc une place essentielle puisqu’il contribue à la démocratisation de la culture, autrement dit la généralisation de la consommation culturelle, et, au-delà, la formation et l’épanouissement des citoyens. Le spectacle vivant est un pilier de cette action, et les professionnels de ce secteur sont soumis à un régime particulier, qu’est celui de l’intermittence. S’il fédère le sentiment d’appartenance aux métiers du spectacle, le statut d’intermittent repose sur un mode d’affiliation spécifique au régime d’assurance chômage, régi par les annexes 8 et 10. Il concerne les artistes et techniciens titulaires de contrats à durée déterminée, et leur permet de mener des projets propres au milieu artistique, qui nécessitent des temps de création/ préparation non rémunérés, alternant avec des périodes d’emploi à proprement parler.

Ce statut a connu un essor important dès les années 1980, mais est remis en cause depuis plusieurs années, notamment avec la dénonciation de son utilisation parfois abusive et du creusement du déficit des caisses liées aux annexes 8 et 10, mais aussi le besoin de l’adapter aux évolutions du secteur. Malgré la vitalité du secteur, on souligne la précarisation de l’emploi, la mauvaise organisation du secteur, et son manque de transparence, entre autres déséquilibres. L’adoption d’un nouveau protocole le 26 juin 2003 a provoqué de nombreuses manifestations et annulations de spectacles, mais surtout l’accentuation d’une crise face à la réforme - remise en question - du régime spécifique. Les tensions entre acteurs sociaux et les réactions des professionnels restent vives, bien que l’adoption du nouveau protocole du 18 avril 2006, qui s’inscrit dans la continuité du précédent, soit désormais entérinée. Quels sont les causes réelles de cette crise ? Quels sont les domaines touchés et quelles politiques mettre en œuvre pour résoudre les croissants déséquilibres? Suffit-il de réduire l’accès au régime spécial, ou même de remettre en question son existence? Nous essaierons ici de cerner les principaux enjeux de cette « crise de l’intermittence », qui sont inséparables d’enjeux liés aux représentations et au statut de l’artiste, à la volonté publique (place de la culture dans la politique nationale), et à l’articulation entre l’offre culturelle et ses publics.
 
 

Sommaire Y a-t-il trop d’artistes en France ? Quels enseignements tirer de la « crise de l’intermittence » ? Sommaire

 
  1. Profession : artiste un statut original remis en cause par des déséquilibres croissants
    1. Un statut exceptionnel qui donne une continuité à une profession « intermittente »
    2. La « crise de l'intermittence » : les déséquilibres liés aux mutations du secteur mettent en péril ce statut particulier
  2. L'action culturelle. Quel soutien étatique pour la création et la diversité culturelles ?
    1. Le soutien à la création et à la diversité culturelles
    2. La démocratisation de la culture : comment faire se rencontrer les artistes et les publics dans ce contexte de mutations ?
 
 
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